Dessiller

Le monde ne fait pas de cadeaux
À personne et moi y compris
Tout a un prix
Je l’ai appris

On voudrait croire, dans notre dos
Que d’autres ont la vie plus facile
Qu’on traverse la vie en sautant d’île en île
Que l’herbe est bien plus verte, le destin plus docile

D’autres se soutiendraient derrière les coulisses
Philanthropes fantasmés et désintéressés
L’entre-soi comme un graal trop vrai, trop beau, trop lisse
Comme si l’humain était digne de ses pensées

Les coulisses sont sales, les gens sont hypocrites
Menteurs, veules, lâches, vendus au moindre vent qui passe
Traîtres et sans illusions, nos destinées écrites
Et biffées chaque jour, dans l’indifférence crasse

Quelques lumières restent, vacillent avec envie
Clairsemés mais tenaces, les sages font défaut
L’humain est fou, divers, et s’accroche à la vie
Il est aussi nombreux, et implacable, et faux

Il se convainc lui-même d’une prétendue noblesse
Se drape dans son orgueil tissé de politesses
Récompense son frère qui voulait l’élever
D’une bile froide et amère, et tout peut arriver

Pauvre, riche, fort ou faible, naïf ou inconscient,
Il n’y a pas de passe-droit
Le cœur éteint, rigide et froid
Nous traversons la mort, la haine et le mépris

Le monde ne fait pas de cadeaux
À personne et moi y compris
Tout a un prix
Je l’ai appris


17.09.2025