Vif

Dans l’oeil du cyclone
Quand tout s’agite en vain et se détruit autour
Quand tout ici s’éteint en attendant son tour
Inéluctable

Il ne sert plus à rien de graver dans le sable
Des mots d’un autre jour à la marée qui monte
Le sablier jaloux de la vie qui s’efface
Naïve et efficace

Et déjà le reflux révèle le décompte
Des carcasses

L’ennui involontaire patient comme un chacal
Se lèche les babines à chaque nouvel étal
Public anesthésié dans sa haine et sa honte
On ne sait plus qui est, qui fait, qui vit, qui trace

Quelques lambeaux de chair dans l’ouragan bancal
Arrachés à tous ceux qui résistent aux courants
Souffrir vivant mourir ou rentrer dans le rang
Tourner comme un poisson dans un maigre bocal

Je préfère quant à moi une fin verticale
Volupté et lumière immunes
Indifférent
Se souvenir pourquoi, différent, on a mal
Attendre comme une voile fière dressée dans le vent

Dans cet œil du cyclone
Où on s’ennuie terriblement
Tout est si fade et pâle
Ennuyeux, décevant
Bientôt les murs de la tempête nous replongeront dans le vivant


14.06.2024