On passe tant de temps à se forger l’image
De ce à quoi ressemble une vie belle est sage
Qu’en forgeant on oublie ce que c’est de la vivre
Comme si l’aventure se trouvait dans des livres
Dont on tourne les pages
Figés dans l’illusion d’un espoir idéal
Rochers dans le courant qui n’en fait qu’à sa tête
A force de vouloir tout dicter on s’entête
A vouloir sans surprise un éternel étal
A l’abri de la fête
On passe tant de temps à rêver notre vie
Qu’on ne voit plus passer ni l’eau, ni les poissons
On ne voit plus la lumière on n’entend plus les sons
Tristes pierres chahutées esclaves de nos envies
A l’abri du frisson
Un jour on se réveille l’échine glacée de sueur
A l’idée de ne pas être parfait on meurt
D’avoir vécu seulement à travers des histoires
Une vie qui n’était en fait que le miroir
De nos espoirs et de nos peurs
30.06.2023