Étourneau singulier

De la montagne et de la mer
Quelque étourneau effarouché
Pépie sur le destin amer
De perspectives aussi solitaires
Que salutaires et tributaires
D’un horizon bouché

Au milieu de deux certitudes
Sans autre appui qu’être viaduc
Un peu plus loin que nécessaire
Entre deux mondes un émissaire
Deux modes, deux mystères
Deux platitudes
Deux hémisphères caduques

Prendre un petit peu d’altitude
Vertige du gouffre dessous soi
Longue traversée du désert
Par les airs
Et sans latitude
Aucune qui ne soit

Un risque sensible entreprendre
L’âme tendre
De trouver une île au milieu
Un lieu
Pic, colline, simple pylône
Quelques âmes sœurs, pas de clones
En exil tout aussi farouche
Cœurs que l’humanité retouche
Venus reposer leur fardeau
Pas de Carmen, pas de fado
Pas de drames trames d’agonies

De la montagne et de la mer
Loin de tous vœux de gémonies
Un simple étourneau vole et rêve
Dans les courants du vent,
Au bord des falaises et des grèves
A l’abri des plus lâches glaives
D’aller timidement de l’avant


05.05.2022