Entre deux rives

Profondeur de l’âme
Que le soleil n’ose qu’à peine caresser de sa nuit
Déjà presque le nord
Déjà presque l’envie
De plonger dans un fjord
Entre deux sommets l’abîme

Vaste étendue prémonitoire
Ouverte à tous les vents
Païens libres et sereins
Libres de croire
Croître sans souci
Rythme des marées, de l’étal
Laminaires à souhait

Liberté de se savoir condamné à repartir
Se souvenir
Que rien, jamais, ne reste nulle part
Transitions

Gare après gare
On dépose un à un des bagages
Le ressac du vent du nord
L’écho des pulsations tribales
Les rires et les silences
Encore dans les oreilles

Le soleil aussi long que doux
La lumière comme un trésor
Une douceur de vivre précieuse
Acquise de haute lutte
Plonger dans un fjord
Entre deux sommets l’abîme

Car ne pas connaître la morsure du froid
C’est se condamner aussi
À ne jamais connaître la vraie chaleur


14.06.2022