Je voudrais tant de mots, tant de pressentiments
Écouter en silence ce feu sans artifices
Brûler mon cœur au chaud d’une étoile sans supplices
De rompre ces serments
La mer morne et acide qui ronge de son verbe
Des concepts évincés de nos langues sans usage
Du sel sans iode qui reste accroché à nos plages
Brûle nos champs et nos herbes
À force de lacunes, l’édifice s’effondre
Quand coincés sous les ruines les victimes s’époumonent
Quidams, sauveteurs, chacun appelle, mais plus personne
Ne sait encore répondre
Les formules se vident comme des bulles savonnées
Vidées de leur substance et gonflées d’importance
Les yeux aux cieux elles montent, Icares en impuissance
Puis éclatent erronées,
Le silence du temps traverse l’atmosphère
Le silence des mots lui répond en échos
Mutique, plus âme qui vive pour verser son écot
À la langue salutaire
Désabusé des mots, solitaire sans abîmes
Je cherche un calme ancien de roche sédimentaire
Les sentiments s’épuisent, mais puisent dans la terre
Le feu silencieux sacré qui nous anime
08.12.2021