Volte-face à face

Vers le reflux de notre enfance
Un vent de souvenirs enfouis qui se lève
Doux souvenirs que l’indécence
Célérité de vie poussait à faire grève

Vers le reflet de notre chance
Dans la vie en suspens qui coule comme du sable
La clepsydre reste insensible
A nos âmes tristes et gaies, à nos cœurs insondables

On flotte au loin entre deux eaux
Perdus dans ces instants dont on ne sait que faire
Écouter le chant des oiseaux
Faire semblant à nouveau d’être un loup solitaire

Les mains s’occupent du jardin
Tandis qu’à l’intérieur nous nettoie le printemps
C’est le même jour chaque matin
Sous le même soleil, parfois la pluie, le vent

Quand la vie tourne au ralenti
Impossible de rallier le point de fuite
Quand le mouvement devient un cri
Les murs de notre vie se lézardent bien vite

Quand le silence nous sourit,
Quand on n’a plus besoin de mentir à soi-même
Quand on aime ce qu’on voit, quand on voit ce qu’on aime
On a le temps. On est guéri.


13.04.2020