La bise souffle à Lausanne

Le silence dans le vent du soir
Est plus qu’un mortel ennemi
Plus corrosif même que l’ennui
Qui fabrique les histoires

Dans le vent sans espoir
La lassitude répand ainsi qu’un encensoir
Les séquelles abrasives de nos scléroses psychiques
Les médias émétiques

Qui sait encore y croire
Cédant aux sirènes tristes du divertissement
Quand l’art devient mugissement
En plein jour il fait noir

Le tranchant dépérit
Quand l’esprit ébranlé ne sait plus être oisif
Il se nourrit sans faim de jugements hâtifs
Émoussé et plaintif

Même plus nostalgique
Obscurantisme incantatoire
Déceptions ostentatoires
Paroles magiques

Il faut oser reprendre un voyage immobile
Extraire de l’attente et de la terre
Un souffle sur des braises de lumière
Statues de Prométhées d’une patience d’argile

La danse des sifflements du soir
Nous enseigne le flux qui donne sens à l’instant
Fait taire les angoisses et nourrit les espoirs
De ceux qui reconnaissent le silence dans le vent


14.04.2020