Enfant,
Fuis les carreaux rassurants de ta page
Pars en circonvolutions, en nuages
Carcan sage
Vole, nage, entre les angles de la vie
Sois, ne suis pas, fuis, vis !
Quand tu seras prêt, quand tu seras grand
Quand tu seras sage,
Racines de montagne et insensible aux vents,
Ni roseau, ni chêne,
Centre du temps
Approche et accroche les angles
Arrondis-les
Aide-les à traverser la vie
À retrouver l’enfant
À retrouver l’envie
De la page blanche sur laquelle on les a mis
Où on a les amis
Jamais, enfant, jamais
Ne les écoute
Ne les crois pas
Lorsqu’on te dit que ces carreaux
Bien rangés
C’est la vie
Les carreaux, c’est facile
Les carreaux, c’est l’appât
La vie échappe à leur emprise,
Elle leur fait peur, les inquiète
La vie c’est le trépas aux portes du chaos,
Le funambule agile qui s’amuse de ses pas,
La folie d’un soleil qu’une brise contredit
Les herbes folles toujours triompheront des carreaux
30.01.2015