La vie pour l’amour de l’art

Chacun seul sur la scène, le grand théâtre écho
La vacuité des sens manque au verbe qui fuit
L’illusion perdure tant que la lumière luit
Derrière le rideau tombe sans verser son écot

Sur le monde équilibre en lambeaux de poussières
Ne chavirent ni le ciel ni le gouffre en furie
Au milieu de son rêve l’humain surenchérit
Aux faisceaux des étoiles aux embruns de la mer

Tandis que le tangage le roulis de demain
S’aperçoivent à rebours du vaste paysage
Encoublé ligérien aux affres du langage
A perte de vision la vue nous tend la main

Chacun seul dans l’écho sur la scène solitaire
Le verbe qui nous manque vide nos sens en vie
La lumière luit encore dans l’illusion ravie
D’avoir payé sa dîme au rideau du désert


26.10.2020