Dans ce monde implacable
L’oisiveté sournoise et pourtant salvatrice
Pousse telle la mauvaise herbe dans le moindre interstice
Pissenlit et plantain, grande ortie intouchable
Nous plonge dans l’ennui, nous sauve de la vie
Mordante impératrice
Morne et inéluctable
Nul jamais ne s’évade aussi bien qu’en dedans
Le sablier efface
Dilué dans l’improbable cours du temps qui passe
Les limites du possible et celles de l’espace
Décollage décadent
L’oisiveté est une pomme, coupable, mords à pleines dents
Personne ne regarde
Les pensées vagabondes que ton esprit enlace
Ne t’enlise pas, prends garde
Et souris cependant
Que ton esprit fourbu enjambe la rambarde
Franchis le pas le monde te rattrapera vite
Aux confins de l’instant d’esclavage que t’évite
La pensée merveilleuse de se laisser glisser
Navigue le printemps, le futur, le passé
Ramène des souvenirs de chimères éphémères
De douces redondances impunies, de mystères
Là où tout t’est permis, avant de revenir
Engrange ta moisson de mots, de souvenirs
Ta ration de survie
Quand triste et sans envie
Tu reprendras l’entrain que t’impose la vie
Tu te réchaufferas au feu de tes pensées
En revivant en toi la douceur si discrète
Que tu t’es racontée, oisif récompensé
Happé par le courant, à l’abri de ta tête
09.02.2023 - Berne