Je me souviens des rêves entre deux écoutilles
Quand on pouvait encore sortir de sa réserve
Je réserve mes heures aux souvenirs futiles
Que je crois me grandir alors qu’ils me préservent
De vivre autre chose que ce dont je me souviens
Je me souviens des larmes, des alarmes et des cris
Quand, impromptu, l’orage s’abattit sur le temps
Aveuglés de lumières, des souvenirs à tout prix
Trop de passé, plus d’avenir, rêves de vents
Qui effacent les larmes dont je me souviens
Je me souviens qu’un jour, je penserai encore
A des futurs lointains autant que la mémoire
Pour raviver l’espoir d’une vie sans décor
Tremper la plume sans gêne dans l’encrier du soir
Vite, avant d’oublier ce dont je me souviens
Écrire les mots qui comptent en notre architecture
Qui construisent nos âmes, nos vies et nos palais
Vigilante vigie du haut de l'armature
Le souvenir qui voile d’un soupçon de regret
Tous les autres possibles dont je ne me souviens pas
Lausanne, chez Katia - 13.06.2021