Quand tout va trop bien même pour écrire un poème
Le monde part en couille, le cœur reste serein
Le malheur nous étouffe, mais il reste un sourire
Qui sait de quoi demain fera pleurer ou rire
A tout hasard on garde en cœur le même refrain
Au milieu des malheurs, tout va très bien quand même
Je navigue le train, ce long serpent de fer,
Qui habille le voyage d'un péché détendu.
Le chemin tout tracé d’un paysage connu
Anesthésie le mal à l’âme des perdus
Même au mât de misaine la misère ingénue
Ne prend pas au sérieux l’avenir délétère
Je me méfie autant de ceux qui me donnent tort
Que de ceux qui me disent toujours que j’ai raison
Le soleil ne brille pas chaque jour dans la saison
Le vent agite les feuilles de mes plants, les rend forts
Les pieds épais ancrés dans la terre me renouent
Avec les joies si simples de ce monde en remous
Tout va trop bien au fond, trop vite aussi peut-être
La pluie tombe au-dehors à l’abri d’une fenêtre
Le malheur nous étouffe, noyés dans nos sourires
Dans le champ des possibles, un rire ou un soupir
À tout hasard on garde au chaud quelques poèmes
La vie nous laisse un choix, la peur ou la Bohême
05.05.2022