La vie n’est qu’un écueil au milieu de la mer
Seul sur son rocher nu naufragé solitaire
Survit un vague espoir de se voir consolé
Malgré tous ses efforts, seul, perdu, isolé
Il se répète chaque jour en vain j’existe encore
Parfois un peu plus bas, parfois un peu plus fort
Mais ses larmes de sel, chaque jour plus amères
Cristallisent sa vie au milieu de la mer
Les rivières aux courants profonds et souterrains
Rabotent de leurs flux les rochers souverains
Sculptent même les plus sages des cœurs les plus austères,
En vagues formes ondulées improbables chimères
Rien n’est jamais pareil que paraît la surface
La roche dedans aussi est lisse d’usure hélas
De rares callosités s’agrippent à tout terrain
Même improbables, hostiles, oasis souverains
La vie n’est qu’un espoir entre deux vagues informes
De réconfort enfin la chaleur d’une norme
Qui nous ferait l’honneur de nous prendre en son sein
Qu’importe ce qu’il en coûte, qu’importe le dessin
Nos destins sont gravés sur le bord d’une route
Que nous parcourons seuls vides et remplis de doutes
En quête d’un instant fugace de réconfort
Dans le sourire d’une âme qui aime qu’on vive encore
28.10.2022