Mettre toujours plus haut la barre des idéaux
C’est accepter le risque de devenir cynique
C’est dessiller son âme qui voulait ignorer
Que l’humain est inique
Et Tamino, pauvre homme, bien trop souvent unique
Ou rare parmi les siens dans son temple hors du temps
Au milieu de ces gens qui se pensent importants
Tout en se disant humbles, humains et sages pourtant
À trop rêver tout haut
On en perd le sommeil
Qu’on est seul, pauvre et nu quand le cœur nous trahit
A trop vouloir le bien, on se retrouve haï
Sans répit ni repos
Méprisé en dedans, en dehors du troupeau
L’intégrité, un prix à nul autre pareil
Plus dure sera la chute, et plus dur le réveil
Ambivalence, oubli, déni et trahison
On joue à se mentir qu’on aime la raison
Oubliées les pulsions
Passions
Obsessions
Mensonge par omissions
La sagesse qui reste
Au milieu de tous ces mensonges qui empestent
C’est faire au mieux, parfois, avec tout ce qu’on peut
Se reposer aussi, attendre, rire un peu
Continuer à rêver en se sachant fragile
La vie est malléable comme un bloc d’argile
Entre deux gouttes d’eau, acides, rester agile
Ne pas trop s’agiter face à ceux qui détestent
Face à ceux qui nous testent
Espérer l’inhumain
En nos cœurs indociles
Espérer faire taire nos peurs imbéciles
Chercher à faire mieux
Chercher jusqu’à s’en faire éclater ce qui reste
De nos illusions dans nos marées futiles
Dans les sables mouvants, y croire, tendre la main
Sans se décourager, un entêté qui peste
Contre cet ennemi contrariant, le destin
Cyrano insoumis, et ridicule et lâche
Ne pas rechigner à la tâche,
Faire et refaire sans fin, faire fi de l’enfer
Et, au cas où, juste au cas où… anxieux et fier
Recommencer demain.
26.09.2025